HISTOIRE AU FIL DE L'EAU
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100 000 avant Jésus-Christ

PALÉOLITHIQUE MOYEN

Nom donné à la deuxième période du Paléolithique qui dura environ 60 000 ans (v. 100 000 à 40 000 av. J.-C.). Elle correspondit à un climat froid et sec. Les espèces d'animaux des latitudes chaudes disparurent définitivement d'Europe (éléphants, hippopotames, rhinocéros). Elles furent remplacées par une faune froide (mammouth, ours, rhinocéros laineux, rennes, bisons, chevaux, chamois, cerfs, etc.). Le refroidissement général du climat obligea l'homme à s'installer dans des abris sous roche et des grottes. Le paléolithique moyen correspond à l'homme de Néandertal. Pour chasser et dépecer le gibier, les Néandertaliens perfectionnèrent leur outillage. Les silex façonnés avec habileté servirent de couteaux, racloirs, grattoirs et perçoirs, outils destinés à travailler le bois, l'os et la peau. Avec les hommes de Néandertal apparurent aussi les premières manifestations d'un culte des morts. Ceux-ci ne furent plus laissés au hasard des circonstances de leur décès, mais enterrés à proximité des lieux d'habitation. 

L'HOMME DE NEANDERTAL

Nom donné aux restes (fémur et calotte crânienne) appartenant à un homme préhistorique, découverts en 1856, dans une grotte de la vallée de Neandertal en Allemagne. Établis en Asie occidentale, en Afrique du Nord mais surtout en Europe pendant plus de 40 000 ans (à l'époque du paléolithique moyen), les Neandertaliens disparurent sans laisser de descendants il y a environ 35 000 ans. Ils avaient un corps massif, une petite taille (1,55 environ), une tête volumineuse et aplatie, une capacité crânienne de 1 600 cm3 (proche de celle de l'homme actuel) et surtout d'énormes bourrelets au dessus des orbites. L'homme de Neandertal a connut des climats rigoureux où vivaient des animaux adaptés au froid (rennes, mammouths, rhioncéros laineux, ours, etc.). Pour chasser et dépecer cet important gibier, il mit au point un outillage appelé «industrie moustérienne» du nom de la grotte de Moustier, en Dordogne, où furent trouvés de nombreux spécimens. Les éclats et les pointes tirées du silex leur servaient à façonner des couteaux, des racloirs, des perçoirs destinés à travailler le bois, l'os et la peau. Avec les Neandertaliens apparut aussi la première manifestation d'un culte des morts. On a trouvé au Danemark un nouveau-né enseveli près de sa mère sur l'aile d'un signe, en Russie un jeune garçon accroupi entouré de cornes de bouquetins et en Irak, un homme reposant sur une couche de fleurs. 

90 000 avant Jésus-Christ

INDUSTRIE MOUSTÉRIENNE

Désigne l'industrie du paléolithique moyen (de -90 000 à -40 000) associée à l'homme de Néandertal.

Les outils façonnés à partir d'éclats deviennent de plus en plus perfectionnés.

80 000 avant Jésus-Christ

LA CHASSE AU MAMMOUTH

      Exploitation du MAMMOUTH

Chez le mammouth, tout est bon : viande, moelle, graisse, poils, os et défenses. La chasse en était cependant très difficile, plus encore que la chasse à l'éléphant telle qu'elle était encore pratiquée au début du XXe siècle. Pendant des milliers d'années, le mammouth cohabite avec l'homme : les Néandertaliens et les premiers Homo sapiens sont contemporains du mam­mouth en Europe et en Amérique du Nord. À l'arrivée d'Homo sapiens, il y a 120 000 ans, le statut de l'animal change, car on utilise mieux ses os, notamment comme support d'art. Certains peuples paléolithiques d'Europe centrale et orientale utilisent de façon prononcée et diversifiée les ressources provenant du mammouth, développant une « culture du mammouth » dont témoignent des manifestations symboliques comme les statuettes en ivoire dénommées « Vénus ». Du mammouth, l'homme a consommé la viande, la moelle des os et la graisse. Avec l'ivoire, il a fabriqué outils, bijoux, sculptures et supports de gravures d'animaux et de femmes ; certains figurent parmi les plus anciens chefs-d'œuvre connus. En Europe occidentale, il a gravé, dessiné, peint des mammouths sur les parois des grottes. En Europe orientale, il a construit des habitations avec ses os et ses défensesPour subvenir à leur besoin en nourriture, notamment en viande, les hommes du Paléolithique pratiquaient la chasse et le « charognage ». La chasse des animaux de grande taille protégés par leur toison, tel le mammouth laineux, nécessitait coopération et appareillage technique. En septembre 2003, les paléontologues russes E. N. Mashchenko et A. F. Pavlov ont découvert sur le site de Lugovskoe, en Sibérie centrale, une vertèbre de mammouth percée par la pointe d'une sagaie : la chasse au mammouth était une réalité. Le mammouth possédait deux couches de poils : une sous-couche, très dense, constituée de poils courts (une sorte de duvet) et une couche externe, formée de poils plus longs (jarres) qui n'excédaient pas quelques centimètres sur la tête, la trompe et les oreilles, mais atteignaient plus de 45 centi­mètres sur le dos. Quant aux flancs, ils étaient recouverts d'une longue toison de près d'un mètre de longueur. Les variations climatiques au cours de l'année incitent à penser que le mammouth connaissait des mues saisonnières : le poil devait tomber au printemps et repousser à la fin de l'été et il était préférable de chasser le mammouth durant la belle saison.De plus, les mammouths possédaient une peau de 1,5 à 2,5 centi­mètres d'épaisseur, et jusqu'à six centimètres sous la voûte plantaire. À la différence des éléphants actuels, les mammouths de Sibérie sont adaptés au froid et ont sous la peau une couche de graisse de 8 à 10 centimètres d'épaisseur. Les armes des Paléolithiques (Homo sapiens sapiens) devaient donc être lancées de près pour qu'ils transpercent cette cuirasse de graisse et de peau, ce qui nécessitait des stratégies d'approche élaborées : ces chasseurs étaient les premiers « chercheurs ». On suppose, d'après les témoins archéologiques, que les mammouths jeunes étaient chassés, mais la chasse des mammouths adultes en bonne santé semble bien hasardeuse, surtout que la chasse au renne, espèce très abondante durant cette période, est nettement plus facile. De même le piégeage devait être limité à la belle saison : il semble difficile de creuser, à l'aide d'un simple bâton à fouir, une fosse de plus de deux mètres dans un sol gelé en profondeur. Pousser les mammouths vers des précipices naturels demande aussi beaucoup d'hommes alors que les clans étaient de petite taille et isolés. Il est probable que les hommes de l'époque pratiquaient des chasses collectives et occasionnelles et pratiquaient le charognage sur des animaux tués par un autre prédateur. 

60 000 avant Jésus-Christ6

ENTERREMENTS RITUELS

Les premières sépultures proprement dites font leur apparition au cours du Paléolithique moyen, il y a environ 60 000 ans. Elles sont liées à l'Homme de Néandertal en Europe et aux premiers humains anatomiquement modernes au Proche-Orient. Des vestiges osseux animaux considérés comme des offrandes sont parfois associés aux individus ensevelis. Dans certains sites moustériens tels que le Regourdou en Dordogne, des accumulations de crânes d'ours qui semblaient disposés intentionnellement ont été interprétées comme le résultat d'un « culte de l'ours ». Au Regourdou, un squelette d'ours brun reposait sous une dalle monolithe d'un poids de 850 kg, dans une fosse peu profonde. À proximité, le corps d'un Néandertalien était couché sur le côté gauche, la tête vers le nord, en position fœtale. Le crâne manquait, mais il restait la mandibule. L'existence du culte de l'ours, évoquée également par l'écrivain Jean M. Auel, est aujourd'hui contestée par la plupart des scientifiques. Les crânes d'ours sont extrêmement résistants et peuvent être déplacés par des phénomènes naturels jusqu'à acquérir des positions évoquant une organisation volontaire mais en fait seulement due au hasard.Au Paléolithique moyen apparaissent également les premières manifestations de préoccupations esthétiques ou symboliques évidentes, mais il est toutefois délicat de déterminer dans quelle mesure elles traduisent des sentiments religieux. 

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